Bienvenue

Consultations des plus pauvres, recueils de témoignages, experts du vécu,… Sous diverses formes, la participation des personnes précarisées à l’élaboration des politiques publiques est devenue un « incontournable ».

En 2010, l’Année Européenne de Lutte contre La Pauvreté n’a pas échappé à la tendance. Elle a usé largement de tels processus participatifs.

Mais avec quels résultats ?

Le temps de l’analyse s’impose : quelle réelle plus-value en termes de fonctionnement démocratique ? Quels impacts sur l’efficience des politiques ? Quelles impasses ? Ces processus participatifs ont-ils un avenir ? Si oui lequel ? Si non quelles sont les alternatives ?

Cette journée d’échanges propose de rechercher ensemble des éléments de réponse. Elle s’adresse à tout professionnel du secteur associatif, aux CPAS, aux écoles sociales, ainsi qu’aux décideurs politiques et aux responsables syndicaux.

Trois « midis de réflexion », organisés dans un second temps à Bruxelles et en Wallonie, permettront de confronter nos premières conclusions aux réalités de terrain.

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6 réponses à Bienvenue

  1. Godart dit :

    Si l’on en croit l’exemple du BRESIL, c’est la démocratie réellement appliquée qui diminue la pauvreté, pas la croissance économique qui, mal répartie, peut maintenir la pauvreté et n’enrichir que les détenteurs du pouvoir jusqu’au clash, comme en TUNISIE.
    Il s’agit bien de cela, prendre conscience que bien qu’étant en état de choc ou de somnolence sociale, les 15% de pauvres en BELGIQUE ne sortiront vraiment de la précarité qu’en acquérant le pouvoir qu’ils ont perdu, en se mettant en action participative.
    L’enrichissement personnel de quelques uns ne modifiant pas la statistique et encore moins le bien-être général, c’est la participation démocratique du plus grand nombre qui garantira un état de droit réellement équitable.
    Bien entendu une petite participation solidaire des 30% des riches de BELGIQUE possédant 70% du patrimoine peut aider.
    Le bien-être de l’ensemble, dans un pays en paix, semble donc tributaire de l’action participative démocratique de chacun.

  2. Pierrot dit :

    Si « le temps de l’analyse s’impose », après cette Année de Lutte contre la Pauvreté, puis-je me permettre de rappeler qu’on tient ce même discours depuis au moins 20 ans : depuis la création du fameux « réseau européen de lutte contre la pauvreté » (EAPN), auquel j’avais participé. C’était dans la grande salle de Bruxelles-Congrès en décembre 1990! J’y étais comme simple travailleur social (avant de sombrer quelques années plus tard dans une spirale d’exclusion, maladie, pauvreté, endettement, et j’en passe : le typique nouveau pauvre!)

    Déjà à l’époque on osait affirmer avec conviction affichée que « la participation des personnes précarisées à l’élaboration des politiques publiques » était indispensable…
    Malheureusement, depuis lors, cette participation n’est toujours restée qu’un vœux pieux, presque incantatoire, accompagnée d’un peu de poudre aux yeux. Spécialement dans le chef des décideurs politiques et responsables du secteur social ! Car en effet, comment pourrait-on raisonnablement intégrer les misérables et indigents à nos confortables réunions et assemblées mondaines, confient-ils en aparté ? (un sucre ou deux dans le café?)
    Par contre, sur le même temps, les initiatives caritatives sont revenues en masse, au point que certains ont appelé cela « le retour du coeur », en clin d’oeil aux « restos du coeur ».
    Au nom de l’urgence, de la complexité des problèmes ou des difficultés institutionnelles, les professionnels du secteur restent pour la plupart cantonnés dans l’intervention pansement, à l’instar du sécuritaire qui contient les débordements, prévient les pompiers et appelle l’ambulance. C’est nécessaire aussi. Mais de collaboration-participation réelle avec et pour les « pauvres », les indigents, les sans papiers, les déchus de droits, en bref les exclus… c’est le plus souvent le fait de quelques militants non professionnels, dans le meilleur des cas.

    Bien sûr, une réelle collaboration avec les pauvres demande beaucoup de temps, de patience d’écoute, d’effort surhumain de compréhension, tellement ceux-ci vivent dans l’immédiateté et avec leur maudite difficulté à s’exprimer.

    Mais surtout il faudrait non pas les intégrer, eux, les pauvres, à notre travail si dévoués, mais tenter de s’intégrer, nous les professionnels, à eux ! Un retournement méthodologique, voire une contorsion conceptuelle presque impensable pour beaucoup, voire effrayante! Et avec quelle volonté « professionnelle » ?!

    Enfin, une réelle collaboration avec ces pauvres supposerait en fin de compte OSER monter aux barricades avec eux ! Parce que leurs problèmes, aux pauvres, relèvent aussi – vous le savez bien – d’injustices structurelles, économiques et donc POLITIQUES.

    Alors poser la question en termes de « fonctionnement démocratique et de processus participatifs » – comme on nous le présente ici – revient à demander, me semble-t-il, comment les professionnels du secteur oseront-ils accompagner les pauvres et indigents …sur les barricades!
    Pourront-ils devenir un jour cette « logistique », discrète et « au service » des luttes des pauvres (et non de l’ordre dominant établi) ? Une logistique qui leur permettrait de reprendre leur avenir et leur situation en main dignement ? Quitte même à entrer en conflit avec les pouvoirs en place? Quitte à oser le conflit avec les logiques dominantes …et en fin de compte avec cette « pensée unique » qui nous ronge tout autant qu’en France?
    Jusqu’à présent, nous voyons si peu de manifestations où des travailleurs sociaux accompagnent les exclus de notre société opulente devant les ministères…
    Certains se justifieront, en invoquant un travail en coulisses, dans les couloirs feutrés.
    D’autres se lamenteront des sources de leurs salaires incompatibles avec une telle approche. D’autres encore n’y verront qu’une utopie du passé, avec un sourire en coin indulgent.
    Pourtant il ne s’agit que du refus engagé de cette pensée unique complaisante et hypocrite.

    Par contre, pendant ces vingt dernières années, j’ai pu observer bien souvent cette assurance condescendante de ces professionnels envers leurs « usagers-clients ». Ils-elles croient savoir et connaître en effet, sous prétexte d’être des « professionnels ». Sauf qu’ils oublient qu’en sciences sociales, plus encore que dans les autres domaines académiques, plus on sait, plus on devrait savoir qu’on en sait bien peu ! Et qu’en histoire comme en sociologie, rien n’est prévisible.
    C’est bien cela qui justifierait un colloque comme celui que vous organisez.

    Mais combien d’exclus (qui n’ont par définition pas de représentants) y seront présents?
    Hé! bien… aucun, puisque le colloque s’adresse « à tout professionnel du secteur associatif, aux CPAS, aux écoles sociales, etc. » (cfr. ci-dessus).
    On est donc reparti pour un tour ;=)

    Nb: on peut me répondre en demandant mon email au webmaster du site.
    Pensée unique = logique néo-libérale capitaliste, avec tout ce qui en découle (pour faire court!)

  3. brohet laurence dit :

    bravo Pierrot!

  4. Depuis plus de 20 ans, les sdf se font entendre au niveau fédéral belge. Je dois avouer que cela a demandé énormément d’énergie. Nous ne l’avons jamais fait à travers les structures mises en place, mais toujours par des actions directes : manif, occupations (Château de la Solitude), campements devant les CPAS, envahissement de bureaux des ministres, et enfin harcèlement des administrations par mail, fax, lettre, téléphone de 1992 à 2004.
    C’est cette mobilisation et harcèlement qui ont permis l’acquisition de droits pour les Belges à la rue : adresse de référence, carte d’identité, revenus etc…. Dans cette lutte, les « réseaux étaient inexistants » !
    Aujourd’hui, nous avons l’impression que cette immense mobilisation autour de la « participation » est une immense arnaque qui a comme objectif principal de démobiliser les exclus par un solennel « on vous a compris ». En résumé, c’est le nouvel « opium du peuple ». La preuve en est l’immobilisme complet par rapport à la fameuse table ronde sur le logement, la progression de la pauvreté qui est parallèle à l’enrichissement de 10 % de la population.
    L’important pour nous, c’est la participation au « suivi » des volumineuses et nombreuses enquêtes faites concernant la pauvreté. Rien n’est mis en route pour assurer le suivi des nombreuses recommandations élaborées après toutes ces enquêtes.
    Nous ne perdrons pas notre temps à écouter tous les blablas sur la participation, notre présence est + nécessaire sur le terrain. Notre participation à nous, c’est de mobiliser les exclus pour harceler les administrations ou les ministères.
    PS : c’est probablement différent à l’intérieur des services pour les + pauvres. Quand il s’agit de « gérer la pauvreté », la participation porte certainement ses fruits. Par contre, pour « éradiquer la pauvreté, faut pas se faire d’illusions !

  5. Denis Desbonnet dit :

    Salut, Pierrot.

    Claire André m’a signalé ton commentaire critique à ma contrib’. Je le découvre à l’instant.

    Tant mieux : ce genre de rencontre, dont je pense que, pour une fois, ce ne sera pas une « grand-messe », justement, mais une remise en cause de celles-ci, sert aussi à cela : confronter, y compris au sens littéral, les points de vue.

    Juste une réaction à une de tes remarques : si je suis, effectivement, « permanent » (autrement dit, travailleur salarié) dans le domaine social, comme tu le fus aussi, manifestement, je ne me considère pas le moins du monde comme « un pilier » (même pas de comptoir). Tout au plus un militant « professionnel », après l’avoir été des années durant de façon bénévole (et même en payant, et pas seulement de ma personne), notamment comme co-fondateur et animateur de deux comités de chômeurs successifs, et le reste encore aujourd’hui sur divers terrains.

    Et je ne me plains pas ni ne rougis de pouvoir mettre ce temps et ces moyens si précieux au service de la lutte, AVEC (et non « pour ») les exclus. Pas mal de camarades de galère et de combat peuvent témoigner de ce que je fais tout pour garder ce cap.

    Par ailleurs, moi aussi j’ai vécu des « passes » extrêmement dures, où la lutte pour la survie et l’inquiétude du lendemain (plus encore une fois devenu père) faisaient mon quotidien. Le chômage au long cours et même le recours au CPAS, j’ai aussi « donné ». Cela dit non pour (m’)apitoyer, ou encore moins me justifier (j’ai dit ce que je pensais de cette exigence moraliste à la Soeur Emmanuelle, où il faudrait pour parler de la pauvreté partager le sort de ceux qui la subissent), mais pour mettre les choses au clair et au point.

    Je le fais d’autant plus volontiers que, pour ma part et sans opportunisme, j’ai adoré ton propre texte et m’y retrouve tout à fait, dans tes constats et tes coups de gueule – notamment contre le barnum pseudo-démocratique et « participatif » bêlant orchestré par l’UE.

    Si le coeur t’en dit, on peut poursuivre cette discussion de vive voix ce jeudi ou dans un autre cadre.

    Fraternellement,

    Denis.

  6. La crise ne continue à sévir, que parce qu’on a conservé les assiettes fiscales et sociales inadaptées au progrès.

    La SEULE solution pour retrouver du Pouvoir d’Achat individuel est de prendre en compte le progrès et d’élargir le Service Public au Service Social.

    Si les machines produisent à la place des travailleurs ce serait idiot de continuer à s’en priver ! La différence entre économie d’entreprise et Économie Politique est expliquée sur le site Internet programme-politique.com.

    Il faut que nos députés, s’ils sont honnêtes, aient compris cela pour sortir de la crise.

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